Et par : Velio & Voodoo
Genre(s) : Survival-horror
(déconseillé aux moins de 16 ans)
Joueurs : 1
Développeurs : Konami
Editeur : Konami
Année de sortie : 2001
Support(s) : PS2, puis Xbox (2002)
et Windows (2003)
Langue : Textes en français, voix
en anglais
Prix moyen : Silent Hill 2 a été
réédité il y a peu sur PS3, accompagné de Silent Hill 3 dans la
collection « Classic HD », aux alentours de 30€. Sur
PS2, les prix varient : de 10€ en boutique (occasion) à 84€
sur Amazon (neuf)...
Adulé par les fans de la série, Silent Hill 2
est souvent considéré comme le meilleur opus à ce jour. Ses thèmes
psychologiques et émotionnels, très forts, n'ont cependant pas de
liens avec le reste de la série portant principalement sur l'aspect
religieux de l'histoire. Mais ce sont bel et bien les côtés le
distinguant de ses pairs qui en font un jeu unique.
Silent Hill 2 se vit comme un film,
tant son scénario et sa mise en scène sont proches d'une œuvre
cinématographique. Divers indices, dans cette mise en scène comme dans les trouvailles faites par le personnage, dévoilent peu à peu
la trame du scénario et ses enjeux.
Vous suivez James Sunderland, un homme
ayant perdu son épouse trois ans plus tôt, le long d'une descente
aux enfers troublante et touchante pour la retrouver (et se
retrouver). Il reçoit un jour une lettre signée de la main de la
défunte lui demandant de se rendre dans la ville de Silent Hill, où ils sont
autrefois partis en vacances. James s'y rend donc, espérant l'y trouver. Le jeu commence dans des toilettes
magnifiquement bien entretenues sur le bord d'une autoroute, puis dans la ville même, pour découvrir la vérité.
Mais le lieu de vos vacances n'est
plus qu'un labyrinthe ravagé, peuplé de répugnantes créatures et plongé dans un brouillard digne du fog londonien. Il
vous faudra redoubler de prudence... Vos armes ? Trouvées ça
et là au fil de vos pérégrinations. Vos alliés ? Une lampe
torche, une radio défaillante, et des personnages aussi évanescents
que la brume de ces lieux...
- Un cauchemar de brouillard et de nuit
Parlons d'abord des graphismes. Le
style dérange et c'est bien son but (voir les images ci-dessous).
Certes de nos jours, les graphismes ont mal vieilli et les doigts
carrés et autres pixels pourraient paraître peu crédibles à un
joueur qui se consacre essentiellement aux jeux récents. Mais il va
sans dire que les environnements bénéficient d'une patte graphique
qui fait le « charme » de ce Silent Hill. Brume ou ténèbres,
rues désertes ou hôpital hanté, nous ressentons en permanence un
sentiment d'oppression, grandissant au fil du cauchemar éveillé de
James. Chaque lieu semble avoir sa propre histoire et suscite
l'interrogation : qu'a-t-il bien pu arriver à cette ville et à
sa population ?
Des jeux d'ombre bien pensés. Les décors ne manquent jamais de charme...
Les jeux d'ombres et lumières sont
bien gérés, un plus quand on sait que la majeure partie du jeu se
déroule dans le noir : la lampe de poche est fluide et
contraste nettement avec les zones d'ombre. Attention cependant :
le jeu est si sombre par moments qu'il vaut mieux jouer dans le noir... Le filtre granuleux appliqué à l'image
apporte quant à lui une touche particulière à l'ambiance
cinématographique du titre ; certains angles de caméra,
penchés, viennent rappeler l'étrangeté du lieu et des personnages.
Silent Hill 2 jouit d'une bande son
excellente, qui met bien en valeur les différentes atmosphères du
jeu. Akira Yamaoka, compositeur
de la bande son de la plupart des Silent Hill, et ayant récemment travaillé
sur des projets comme Shadow of the Damned et Lollipop Chainsaw, livre
ici une bande son constituée de bruitages plutôt que de véritables
morceaux. Le compositeur sait se servir du silence pour créer un
sentiment d’oppression, de malaise, laissant dans le doute le plus
total quant à ce qui se dissimule dans l'ombre, jusqu'au moment
presque béni où la radio crépitera pour signaler la présence d'un
monstre (c'est qu'on serait presque contents d'en voir, par moment !)
Enfin, les quelques mélodies de la bande originale ponctuent les
moments forts du jeu et laissent transparaître une forme de mélancolie. On en vient à ressentir la solitude et le doute de
James.
- Au cœur de la folie
Silent Hill 2 met à l'épreuve la
psychologie humaine : frustration, culpabilité, rédemption...
le scénario est centré sur l'esprit de James et des quelques
personnages qu'il croise. Difficile de vous parler du scénario sans
prendre le risque de spoiler ! Mais les titre exploite les
ressorts et les perversités qui se cachent dans l'âme de tout un
chacun. On peut donc l'affirmer : Silent Hill 2 est un jeu très
mature, et certaines scènes sont difficiles à regarder. Un scénario
sombre, donc, mais aussi touchant, bien que le héros soit peu
expressif (on retiendra la scène suivant le premier
affrontement...). Dans notre expérience de joueuses, c'est une des
meilleures histoires qui nous ait été donnée à voir, malgré ses
bizarreries et sa logique propre âpres à comprendre lors d'une
première partie. Survival Horror oblige, on arpentera la ville en
solitaire, la plupart du temps, nous contentant de reconstituer
l'histoire à travers les documents trouvés sur notre chemin. Mais
d'autres personnages croisent la route de James. Angela, jeune femme
craintive et imprévisible présente à Silent Hill pour une raison
obscure ; Eddie, ayant fuit les regards les regards des autres ;
Laura, une fillette irritante ; et enfin Maria, qui accompagne
James dans la ville de temps à autre. Ce dernier va découvrir qu'il
n'est pas le seul à avoir été englouti par le lieu...
Mais qu'on se le dise, Silent Hill 2 n'est pas qu'un roman psychologique ; c'est avant tout un survival-horror qui aborde la peur d'une manière bien à lui. Terminé, les zombies qui vous sautent à la gorge en grognant : vous aurez cette fois affaire à des silhouettes déformées, suintantes et gémissantes sorties des cauchemars de l'humanité. Ou de ceux de James, qui sait... ? Masahiro Ito, le concepteur du
bestiaire, a très bien reproduit l'atmosphère de Silent Hill 2 chez
les monstres. Les créatures qui se mettront en travers de notre route dans notre
quête de vérité s'avèreront être d'horribles symboles cachés ;
rien n'a été pensé au hasard, et c'est là que les
créateurs de ce Silent Hill font preuve d'un formidable génie. On
va jusqu'à nous imposer une sorte de némésis qui nous poursuivra
durant tout le jeu et qui est aujourd'hui devenu l'un des symboles
phares de la série Silent Hill, parfois à tort. Autre coup de
maître des développeurs, on finit par se sentir à l'aise en
compagnie de ces choses. Il est plus facile d'entendre la radio
grésiller, de chercher l'ennemi et de l'éliminer, que de se
retrouver face à l'une des imprévisibles âmes égarées qui, comme
nous, arpentent la ville à la recherche d'on ne sait quoi. Bref, un
gros plus pour ce bestiaire !
Des monstres aussi bizarres qu'insensés. A quoi James fait-il face ?
- Les mécanismes de l'horreur
C'est là que le bât blesse un petit
peu. Si la prise en main est tout à fait correcte, elle peut
s'avérer délicate si l'on n'est pas habitué au genre (ou si on n'y
a pas joué depuis dix ans). Il faut alors un certain temps pour
assimiler les commandes et le système de combat parfois bancal. Le
héros est par exemple incapable d'utiliser les objets-clés du jeu
tout seul ; pour résoudre un simple casse-tête, il faut ainsi
passer par l'inventaire, sélectionner l'objet requis ou bien
combiner une par une chaque chose si c'est nécessaire, puis choisir
de les utiliser (vous me direz, ça renforce l'immersion...). En
somme, un petit défaut qui ne doit pas décourager du titre, mais
que les développeurs auraient pu prévoir (à moins qu'ils l'aient
fait exprès !). L'interface du menu reste très claire. Dans tous les cas, si l'on aime, on n'abandonnera pas à
cause de cela ! Les combats, quant à eux, n'ont rien à voir
avec les récents opus de la série. Les angles de caméra gênant
parfois la visibilité, ils peuvent devenir ardus si on est mal
équipé ou que l'on a choisi de jouer en mode difficile. Le gameplay
de Silent Hill 2 n'est pas basé sur l'action, mais sur l'angoisse ;
ainsi, le personnage ne peut pas se déplacer tout en frappant, ni
esquiver les coups de ses adversaires. On se contente de viser et de
frapper jusqu'à ce que mort s'en suive, en n'oubliant pas d'achever
la victime d'un coup de pied bien placé ! Heureusement pour
nous, plusieurs armes sont trouvables le long du cheminement, de la
planche au fusil de chasse en passant par la tronçonneuse. En somme,
de quoi faire de la belle bouillie de monstres.
Enfin, la durée de vie est bonne,
mais honnêtement, on en voudrait plus tant cet univers est
fascinant ! Comptez entre douze et quinze heures en moyenne pour
le terminer ; cela dit, la durée varie en fonction du mode de
difficulté choisi (il est possible de choisir le niveau de
difficulté de l'action et des énigmes). Ajoutons à cela les
différentes fins accessibles suivant votre comportement dans le jeu,
et vous avez de quoi frissonner pendant pas mal d'heures !
Les cinématiques vous troubleront encore plus. Une vraie descente aux enfers...
- Et pour conclure
Si à l'époque, le titre à reçu de
très bonnes notes, ce n'est pas un hasard : Silent Hill 2 est
un chef-d’œuvre du genre. Il suit les traces de son aîné tout en
s'en éloignant, se créant ainsi une personnalité à part entière.
Il met à l'épreuve nos angoisses profondes et une tension
grandissante, alors que la plupart des survival-horror misent sur la
peur panique.
Aujourd'hui encore, Silent Hill 2 reste un très
bon jeu maintes fois cité comme référence, souvent (parfois même
trop) comparé à ses successeurs, et mérite une place de choix dans
votre collection.
Un grand merci à vous de nous avoir lues pour ce premier test ! N'hésitez pas à laisser un commentaire si ça vous branche !
Velio & Voodoo











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